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Maria
Chiara GNOCCHI,
Des
Belges à Paris.
Étude des choix éditoriaux et des orientations
esthétiques
de la collection "Prosateurs français
contemporains" chez Rieder (1921-1939), cotutelle entre l'Università degli Studi di
Bologna et l'Université Libre de Bruxelles, 2003, 452 p. (promoteurs :
Paul Aron et Carmelina Imbroscio)
table
des matières
Résumé
Entre 1921 et 1939, neuf écrivains belges ont nourri le catalogue de la
collection " Prosateurs Français Contemporains " chez
l’éditeur parisien Frédéric Rieder & Cie. Six d’entre eux –
ceux qui ont publié au moins deux récits chez le même éditeur, à
savoir André Baillon, Constantin Burniaux, Jean Tousseul, Neel Doff,
Robert Vivier et Pierre Hubermont – ont retenu, en 1978, l’attention
de l’écrivain et critique Jean Muno qui, dans un article paru dans les Études
de littérature française de Belgique offertes à Joseph Hanse, a
parlé d’une " équipe Rieder " de prosateurs
belges, dont les œuvres présenteraient diverses affinités
reconductibles à un certain " esprit Rieder ".
Un sujet délicat puisque, d’un côté, les
trajectoires de ces écrivains dans le monde littéraire belgo-français
sont fort différentes, et n’ont pratiquement jamais été
abordées ; et que, de l’autre côté, la maison Rieder, absorbée
par les Presses Universitaires de France en 1939, est tombée dans un
oubli presque total depuis que ses archives ont été détruites lors du
deuxième conflit mondial. La pertinence du classement de Muno est
vérifiable seulement à condition de reconstruire, du moins dans ses
grandes lignes, le milieu (mieux : le réseau) de Rieder, et
de mettre en évidence les traits principaux par lesquels les
" Prosateurs Français Contemporains " se distinguent,
du point de vue de la typologie des auteurs recrutés et des
caractéristiques thématiques et formelles propres aux textes. En
étudiant à la fois le milieu intellectuel, les textes qu’il promeut et
leur réception de la part de la critique, il est possible de situer la
collection dans le champ littéraire de l’époque. Extraordinairement
ouverte aux cultures " autres ", elle accueille divers
représentants de la francophonie périphérique, et privilégie les
textes qui se présentent comme " authentiques ", et
qui font preuve d’un certain style " simple " (non
exempte, parfois, de " barbarismes ") au-delà de
toute prétention puriste.
L’histoire des " Belges de
Rieder " confirme le fait que l’on ne peut pas aborder les
auteurs et les œuvres indépendamment de leur contexte éditorial, mais
que, parallèlement, l’on ne peut non plus classer les œuvres en
fonction du seul engagement de leurs auteurs, car les options thématiques
et esthétiques propres aux textes impliquent des prises de positions tout
aussi décisives, et déterminantes au niveau de la lecture et de la
réception. La mise en textes et en contextes de l’expérience
de ces auteurs à Paris permet seule de restituer tout son sens au
regroupement suggéré par Jean Muno.
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